Travailler dans une roadhouse en Australie, c’est l’un des meilleurs plans pour économiser rapidement en PVT — et Malorie en est la preuve. Après deux ans en Australie, un parcours en care support, construction, abattoir et housekeeping, elle a réussi à mettre une belle somme de côté. Aujourd’hui, elle nous raconte en détail son expérience à la Nullarbor Roadhouse : le recrutement, le quotidien, les salaires et sa promotion en Housekeeping Supervisor.
Suis son aventure sur Instagram 👉 @malo.1802
1. Le plan et l'arrivée
Comment as-tu trouvé ce job en roadhouse en Australie ? Via Facebook, une agence, un site ou en candidature spontanée ?
J’ai trouvé ce job grâce à une annonce Facebook : une fille mentionnait que sa roadhouse, à Alice Springs, cherchait du personnel, mais qu’il fallait obligatoirement passer par une agence d’intérim (MLKA). J’ai donc contacté l’agence, et mon copain et moi avons passé un entretien.
Malheureusement, le poste à Alice Springs n’était plus disponible. L’agence a tout de même conservé nos coordonnées. En consultant leur site internet, mon copain a repéré une autre annonce. On a alors rappelé l’agence environ trois fois (presque tous les jours) pour accélérer le processus de recrutement.
Avais-tu des atouts particuliers pour que ton CV sorte du lot ? RSA, White Card, expériences solides ?
J’avais le RSA car j’avais déjà travaillé dans un bar lors de soirées à Broome, et j’avais également effectué un mois dans une station-service BP de nuit. J’avais aussi une lettre de recommandation de mon dernier employeur en housekeeping. L’ensemble constituait un profil avec une expérience solide et variée.
Ta roadhouse était où exactement ? En plein bush ou avec un supermarché accessible ?
Il s’agit de la Nullarbor Roadhouse, située au cœur de la longue route qui relie Perth à Adélaïde. Le supermarché le plus proche se trouvait à Ceduna… soit environ 3 heures de route.
💡 Bonne nouvelle pour les backpackers en PVT : la Nullarbor est classée en zone régionale. Ton travail en roadhouse compte donc pour les 88 jours nécessaires à l’obtention du second visa — et même pour les 179 jours du troisième visa !
2. Le mode "All-rounder"
C'était quoi ton quotidien en roadhouse ? Tu jonglais entre la plonge, la caisse et les pompes ?
On avait des shifts définis par secteur : la cuisine, le shop, le housekeeping (HK) ou le PAC. Cela dit, on devait être capables d’aller prêter main-forte à n’importe quel secteur en cas de besoin.
Deux shifts par semaine étaient dédiés à l’aide générale à toute l’équipe. Et souvent, même quand on était affectés au shop, on allait renforcer la cuisine — surtout pour la plonge.
Le PAC consistait à entretenir toutes les zones du camping : nettoyer les toilettes publiques, ramasser les poubelles et les brûler.
Une anecdote folle à nous raconter ?
Je commence à 5h du matin pour assurer le shift cuisine. J’arrive à moitié réveillée, je n’allume pas forcément les lumières (il faisait déjà assez clair). Je commence à préparer tranquillement… pendant une heure. Puis je m’énerve car le micro-ondes ne fonctionne pas. J’essaie d’allumer la lampe pour mieux voir : plus de lumière non plus. En réalité, il n’y avait plus d’électricité.
J’ai dû attendre jusqu’à 6h30 que les managers arrivent pour leur signaler la panne. (Je travaillais seule de 5h à 7h.) La coupure a duré jusqu’au lendemain. Résultat : pas d’électricité = pas d’eau = pas de toilettes ni de douche = pas de réseau.
On a dû faire 2 heures de route pour aller utiliser les toilettes d’une autre roadhouse…
C'était quoi le côté le plus relou de ce poste de touche-à-tout ?
Ne jamais rester assez longtemps au même endroit. Chaque jour, on changeait de poste, ce qui rendait impossible d’avancer vraiment sur quelque chose — quelqu’un d’autre pouvait toujours modifier ce que tu venais de faire.
3. Les chiffres
Niveau thunes, ça donnait quoi ? Tu tournais à quel taux horaire et est-ce que tu avais des bonus (weekend, jours fériés) ?
Tu faisais combien d'heures par semaine ? 40h ou 60-70h pour bien remplir le compte en banque ?
Le contrat prévoyait 38h par semaine, et l’entreprise n’encourageait pas les heures supplémentaires. Mais j’arrivais toujours à en gratter quelques-unes, donc je tournais à 40h minimum.
Le logement et la nourriture coûtaient combien ? C'était rentable ?
La rent s’élevait à 150 $ par quinzaine, pour le logement et la nourriture inclus. Franchement, c’était rentable : on avait accès à une mini salle de sport, un grand salon avec TV et Chromecast, une chambre personnelle et une salle de bain privée.
Côté repas : le matin et le midi, on pouvait se servir librement dans la cuisine de la roadhouse (dans la limite du raisonnable). Le soir, le chef cuisinier préparait le repas de l’équipe. On avait même une feuille pour lui suggérer des idées — et c’était souvent respecté. Si un plat ne nous convenait pas, on pouvait en demander un autre.
Synthèse financière : Job en Roadhouse (Nullarbor)
| Poste / Condition | Détails & Tarifs |
| Salaire horaire (Semaine) | 35,18 $ / h |
| Salaire horaire (Weekend) | 45,89 $ / h |
| Jours fériés (Public Holidays) | 66,00 $ / h |
| Logement & Nourriture (Rent) | 75 $ / semaine (tout inclus) |
| Volume horaire moyen | 38h à 45h par semaine |
| Capacité d’épargne nette | ~ 1 000 $à 1 200$ / semaine |
4. La promotion en "Housekeeping Supervisor"
Comment t'a-t-on proposé le poste de superviseure HK ? Tu avais déjà de l'expérience ?
La manageuse m’a simplement demandé si j’étais d’accord pour mettre en place une nouvelle procédure. De fil en aiguille, elle m’a confié de plus en plus de responsabilités. Puis un jour, lors d’une réunion d’équipe, elle a annoncé que j’étais désormais la superviseure et que toutes les questions devaient passer par moi.
Ça a changé quoi côté salaire et responsabilités ? L'augmentation valait le coup ?
En termes de salaire, je n’ai pas eu d’augmentation. En revanche, ma rent est passée à 50 $ par semaine. Mais vu le niveau de stress, ce n’était pas forcément rentable : au moindre pépin — que ce soit mon jour de congé ou si j’étais affectée en cuisine — on m’appelait pour gérer.
Décris-nous une journée type en tant que HK Supervisor.
Je commençais toujours 30 minutes avant l’équipe pour préparer tout le linge nécessaire à la journée (j’identifiais d’abord le nombre de check-outs). On enchaînait ensuite directement : défaire les lits, gérer le linge dans les machines — étant au milieu de nulle part, on lavait nous-mêmes draps et serviettes. Puis on refaisait les lits, nettoyait, rechargait les consommables, passait l’aspirateur et la serpillière.
On avait en moyenne 25 chambres à faire par jour, parfois 30 quand l’établissement était complet. Après les chambres, je vérifiait la qualité de chaque pièce, puis on passait au folding et à la gestion du reste du linge.
En gros : 7h–13h pour le nettoyage des chambres, une petite pause, puis le folding jusqu’à 14h30.
C'était comment de former et encadrer les nouveaux backpackers qui débarquaient sans expérience ?
Franchement, c’était épuisant. Environ 80 % des nouveaux arrivants étaient là uniquement pour valider leurs 88 jours de regional work, sans aucune conscience professionnelle. Et expliquer certaines procédures en anglais quand on est soi-même débordée, c’est un défi supplémentaire.
5. Le bilan
Tu préfères quoi : le côté "freestyle" de l'all-rounder ou le côté "responsable" de la superviseure ?
Je préfère clairement le côté responsable — dommage que la rémunération ne suivait pas. J’ai vraiment adoré concevoir la nouvelle procédure HK, gérer les commandes, trouver des solutions face aux imprévus… Et souvent, on ne me fixait pas d’horaire strict : je pouvais commencer plus tôt ou plus tard, du moment que le travail était fait.
Le conseil que tu aurais aimé recevoir avant de te lancer dans un job en roadhouse ?
Prévoir de quoi s’occuper. On s’ennuie très vite au milieu de nulle part…
L’expérience de Malorie à la Nullarbor Roadhouse le prouve : un job en roadhouse en Australie, c’est l’un des plans les plus rentables pour économiser en PVT. Salaire élevé, logement et repas inclus, zéro tentation de dépenser au milieu du bush… les conditions sont idéales pour gonfler son compte en banque. Ce n’est pas un job pour tout le monde — l’isolement est bien réel — mais si tu cherches un job en remote area pour valider tes 88 jours tout en mettant de l’argent de côté, la roadhouse coche toutes les cases. Un grand merci à @malo.1802 pour ce témoignage honnête et sans filtre ! 🙌
Tu cherches d’autres types de jobs pour financer ton PVT en Australie ? Ferme, coffee shop, construction… On a répertorié toutes les options pour toi !
